Venezuela : 25 ans de guerre silencieuse contre l’empire américain

Depuis le début du XXIe siècle, le Venezuela a été le théâtre d’un conflit souterrain qui ne cesse de s’intensifier. De Chávez à Maduro, les forces politiques locales ont résisté aux pressions extérieures, mais l’ampleur des attaques orchestrées par Washington atteint aujourd’hui un niveau inédit. L’invasion militaire actuelle et l’enlèvement de Nicolas Maduro marquent une nouvelle étape dans cette bataille qui dure depuis plus d’un quart de siècle.

L’origine de ce conflit remonte à 1998, lorsque Hugo Chávez, un général rebelle doté d’une influence populaire unique, a gagné les élections en promettant une réforme profonde du système économique et social. Ce pays, autrefois allié fidèle des États-Unis, devenait un danger pour l’hégémonie américaine. Les politiques de Chávez, notamment la nationalisation des ressources pétrolières et les programmes sociaux, ont été perçues comme une menace. Dès 2001, Washington a commencé à infiltrer le pays via des organisations financées par l’État américain, comme la National Endowment for Democracy (NED), qui a soutenu des groupes hostiles au gouvernement vénézuélien.

En 2002, une tentative de coup d’État orchestrée avec l’aide directe de Washington a échoué, mais elle a ouvert la voie à des stratégies plus subversives. Le blocus pétrolier, les sanctions économiques et les opérations informatiques ont progressivement sapé les fondations du pays. La gestion des infrastructures par des entreprises américaines a été utilisée pour perturber l’économie nationale. Les mesures prises sous Obama et Trump ont exacerbé la crise : le manque de médicaments, d’aliments et de services essentiels a entraîné des milliers de morts évitables.

En 2019, Washington a reconnu Juan Guaidó comme « président par intérim », une décision non légitime qui a déclenché des tentatives d’invasion. Les années suivantes ont vu l’escalade des sanctions et la réduction progressive de tout soutien international au Venezuela. Avec le retour de Trump en 2025, les mesures se sont encore durcies : les expulsions massives de migrants, l’interdiction des opérations pétrolières étrangères et le déploiement d’une flotte militaire en mer des Caraïbes ont marqué une phase critique.

Malgré ces pressions, le Venezuela a maintenu un système politique résistant, s’appuyant sur ses alliances internationales et son modèle social autonome. La récente agression militaire n’a pas réussi à briser la résilience du peuple vénézuélien. Ce conflit, bien plus qu’une lutte nationale, est un laboratoire de guerre hybride où les États-Unis testent des méthodes d’ingérence qui pourraient être appliquées ailleurs. La défaite du Venezuela serait une victoire pour l’unipolarité et une menace pour la souveraineté mondiale.