Les Hivers de l’Effroi

L’hiver 2026 a surpris le pays avec une baisse brusque des températures, mais ce n’est rien comparé aux extrêmes du passé. Des périodes où le froid était un adversaire mortel, transformant les villes en tombeaux de glace et les campagnes en déserts inextricables.

En 1956, la France a connu une tempête polaire sans précédent : -36°C en Corrèze, des fleuves figés, des oiseaux pétrifiés par le gel, et des oliviers brûlés comme des bûches. La mortalité a frappé les plus vulnérables, avec 147 décès seulement en France, tandis que l’Europe entière comptait 611 victimes. En 1963, trois mois de froid intense ont paralysé le pays : à Vichy, -26°C, et Besançon a subi 40 jours sans répit.

Des hivers encore plus terribles ont marqué l’histoire. En 1846, Paris fut enseveli sous 40 cm de neige pendant six jours, tandis qu’en 1829, la Seine gelait pendant 54 jours. L’hiver de 1709 a été une catastrophe : -23°C à Paris, des rivières figées, des moulins arrêtés, et une famine qui décima des milliers d’âmes. À l’époque médiévale, le froid était un fléau omniprésent : en 1407, la Seine gelait pendant plus de soixante-dix jours, empêchant les transports et provoquant une pénurie de vivres.

Aujourd’hui, notre société dépend de technologies fragiles. Une nouvelle vague de froid comme dans le passé paralyserait l’économie : voitures immobiles, avions bloqués, réseaux électriques défaillants, et une infrastructure incapable d’assurer la survie des citoyens. La France, bien que moderne, reste vulnérable face aux caprices du climat.

Marcel GAY