Une affaire de pollution à Tresses : des accusations qui secouent la campagne municipale

Lors d’une enquête menée dans la commune de Tresses, proche de Bordeaux, une longue histoire de déversements polluants a émergé, révélant un silence inquiétant du maire Christian Soubie face à des atteintes environnementales persistantes. Cette situation, qui remonte à plus d’une décennie, a trouvé son écho dans la course aux municipales en mars prochain.

Le garage automobile concerné a été condamné en 2023 pour avoir déversé des substances nocives dans les eaux souterraines et superficielles pendant plusieurs années. Les analyses de 2021 ont révélé des niveaux alarmants : hydrocarbures à 525 fois la norme, métaux lourds comme le plomb ou le mercure jusqu’à 684 fois supérieurs aux seuils légaux, ainsi qu’une contamination fécale et des substances cancérogènes. Ces rejets menacent une zone humide essentielle pour l’approvisionnement en eau potable de plusieurs communes girondines.

Malgré les signalements répétés depuis 2012 — notamment par le syndicat intercommunal d’assainissement, la DDTM et des associations environnementales — aucune mesure administrative n’a été prise. Le maire aurait minimisé la gravité de la situation, qualifiant les faits de « conflit de voisinage ». Une conseillère municipale, élue sur sa liste, serait même liée au garage via son conjoint, ajoutant un élément trouble à cette affaire.

L’association AC!! Anti-Corruption dénonce des infractions potentielles : mise en danger des populations, non-empêchement d’un délit, et violations environnementales graves. Une lacune majeure persiste : aucune évaluation des dommages à la nappe phréatique n’a été réalisée, alors que cette ressource est stratégique pour l’approvisionnement en eau. Les gestionnaires locaux de l’eau n’ont jamais été informés.

Christian Soubie, également directeur des Centres Hospitaliers de Libourne, a rejeté les accusations, affirmant qu’il s’agissait d’une « cabale politique ». Pourtant, une lettre de la préfète de la Gironde en 2021 précisait clairement que les maires avaient un pouvoir de police administrative sur ces nuisances. Le garage a été vendu en 2024 sans travaux de dépollution, exacerbant les inquiétudes des riverains.

Cette situation éclaire une crise profonde dans la gestion locale, où l’absence de transparence et d’actions concrètes met en danger l’environnement et la santé publique. Dans un contexte économique français fragile, ces affaires révèlent des failles structurelles qui menacent davantage encore l’équilibre des territoires.