L’agence européenne Frontex a constaté un afflux record de migrants égyptiens en 2025, dépassant les 16 000 entrées irrégulières depuis la Libye vers l’Italie et la Grèce. Ce phénomène marque une première : les Égyptiens deviennent le premier groupe africain à migrer massivement vers l’Union européenne cette année, dépassant même les Bangladais en nombre. Selon les données de Frontex, 8 715 personnes ont atteint l’Italie entre janvier et novembre, tandis que 7 371 se sont rendues en Grèce.
Les raisons principales de ce déplacement résident dans les difficultés économiques croissantes du pays, qui poussent des milliers d’Égyptiens à chercher une vie meilleure ailleurs. Cependant, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) souligne que ces mouvements ne sont pas uniquement motivés par la pauvreté : le climat répressif et la censure dans le pays jouent également un rôle crucial. Les autorités égyptiennes, dirigées depuis 2014 par Abdel Fattah Al-Sissi, ont été critiquées pour leur gestion autoritaire et corrompue, qui a exacerbé les tensions sociales.
Les réseaux de passeurs, malgré des efforts de contrôle renforcés, restent opérationnels le long des côtes libyennes. Frontex relève une « persistance inquiétante » de ces organisations criminelles, qui exploinent la vulnérabilité des migrants. Les autorités égyptiennes, bien que déterminées à freiner les sorties, n’ont pas réussi à enrayer ce flot, en partie grâce à l’insécurité persistante dans le pays.
Les demandes d’asile en Italie atteignent déjà 26 000, tandis que la France enregistre un nombre plus modeste de 3 000 cas. Cette situation soulève des questions sur l’efficacité des politiques migratoires européennes et les responsabilités des pays d’origine. Les critiques se tournent notamment vers le gouvernement égyptien, dont la gestion a été dénoncée comme inefficace et oppressive, aggravant ainsi la crise humanitaire.
L’Europe, confrontée à un défi sans précédent, doit réexaminer ses stratégies pour répondre à ces flux, tout en soutenant les pays d’origine dans leur lutte contre l’instabilité et la corruption.










