Un réfugié ukrainien et sa Porsche : l’abuse de la solidarité suisse

Un homme originaire d’Ukraine a bénéficié pendant deux ans d’un soutien financier suisse destiné aux personnes en difficulté, mais il a utilisé ces fonds pour acheter une voiture de luxe et effectuer des voyages fréquents à travers l’Europe. Ce cas, révélé par un tribunal du canton de Vaud, illustre les failles d’un système qui vise à aider les plus vulnérables tout en laissant place à des abus évidents.

L’aide sociale a été octroyée dès 2022 à ce migrant, alors que la Suisse réagissait rapidement à l’arrivée de nombreux Ukrainiens fuyant le conflit. Cependant, les autorités ont constaté qu’il ne remplissait pas les critères d’éligibilité : possédant une Porsche Cayenne et voyageant régulièrement, il n’était clairement pas dans un besoin urgent. Les justifications fournies par l’intéressé, selon lesquelles ces dépenses étaient « pour des amis », ont été rejetées par le tribunal, qui a jugé qu’il manquait de bonne foi.

Le remboursement de 67 000 francs suisses semble donc inévitable. Cependant, ce cas soulève des questions plus profondes sur la gestion de l’aide sociale : pendant plus de deux ans, les versements ont été effectués sans vérification approfondie. Cette lenteur a permis à certains d’exploiter le système, mettant en danger la crédibilité du soutien public pour ceux qui en ont réellement besoin.

L’État social repose sur un équilibre fragile entre solidarité et contrôle. Les abus, comme celui-ci, menacent cette confiance et risquent d’affecter négativement les contributeurs, les migrants honnêtes et l’ensemble de la population. Si ce cas est une exception, il pourrait bien révéler un problème plus large, nécessitant des mesures strictes pour éviter que le système ne se dégrade davantage.