Une fraude sociale record en France : 14 milliards d’euros dénoncés

Le montant des irrégularités dans le système de protection sociale français s’élève à 14 milliards d’euros en 2025, un niveau inquiétant qui reflète une évolution marquée par rapport aux années précédentes. Selon une analyse du Haut conseil du financement de la protection sociale (HCFiPS), les fraudes liées au travail dissimulé représentent 52 % des cas, suivies de celles impliquant les professionnels de santé (12 %) et les bénéficiaires de prestations sociales (36 %). Cette augmentation, qui dépasse de un milliard l’estimation de 2024, s’explique par une combinaison d’inflation, de modifications dans la méthode de calcul et d’un élargissement du périmètre étudié.

Les secteurs les plus touchés restent le bâtiment, l’hôtellerie-restauration et les transports, où les pratiques frauduleuses sont encore trop fréquentes. Cependant, certaines catégories, comme les microentrepreneurs ou les travailleurs des plateformes numériques, échappent à la détection précise en raison de l’impossibilité de distinguer entre erreurs et intentions malveillantes. Le HCFiPS estime ainsi un manque à gagner supplémentaire de 1,6 milliard d’euros pour la Sécurité sociale.

Si les outils de détection ont connu une amélioration significative, avec 2 milliards d’euros de fraudes identifiées en 2024 et 500 millions d’euros de pertes évitées, le recouvrement reste très limité. En 2023, seuls 680 millions d’euros ont été récupérés, soit une augmentation modeste de 70 millions par rapport à l’année précédente. Les entreprises en difficulté profitent souvent de la flexibilité légale pour contourner les obligations fiscales ou disparaître avant d’être sanctionnées.

L’absence de mesures efficaces pour freiner ces phénomènes soulève des questions sur la capacité du système à protéger les ressources publiques, tout en mettant en lumière les failles structurelles qui permettent aux acteurs malveillants de prospérer dans l’ombre.